[AVIS] La Vie Cachée, un excellent Terence Malick !

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Synopsis :
Inspiré de faits réels.
Franz Jägerstätter, paysan autrichien, refuse de se battre aux côtés des nazis. Reconnu coupable de trahison par le régime hitlérien, il est passible de la peine capitale. Mais porté par sa foi inébranlable et son amour pour sa femme, Fani, et ses enfants, Franz reste un homme libre. Une vie cachée raconte l’histoire de ces héros méconnus.

4.5

Voir un film de Terence Malick est toujours une expérience particulière de cinéma que l’on peut parfois appréhender malgré la beauté de ses œuvres que l’on ne reprochera jamais. C’est un cinéaste au style contemplatif  unique qui divisera toujours les amoureux du 7 ème art. Il faut pouvoir pleinement rentrer dans ses films pour en profiter ou le comprendre, et ce n’est clairement pas chose aisé. Ce long métrage nous offre une nouvelle expérience dont le cinéaste a le secret et la véritable question qui se pose est : Est-elle concluante ?

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Présenté en compétition au Festival de Cannes et produit par les studios Babelsberg, habitué des productions cinématographiques, ces dernières années, ayant pour sujet principal le nazisme ( Le Pianiste , Monuments Men ou encore Stalingrad ) ; le long métrage de Terence Malick s’inspire de l’histoire vraie de l’objecteur de conscience, Franz Jagerstatter vénéré depuis 2007 comme martyr par Saint Benoît et l’Église catholique.

On va suivre le personnage de Franz, du début de la guerre à quasiment la fin de celle-ci. Le récit se passe dans un petit village autrichien où tout le monde se connaît, où Franz est heureux avec sa femme et sa fille, sa petite ferme et ses petites habitudes. On le voit dès le début, l’arrivée des troupes nazis ne le réjouit pas plus que ça, ils perturbent son bonheur et il se pose des questions sur la légitimité de tout ça (la guerre). C’est un personnage un peu décalé de ce que l’on a l’habitude de voir sur le grand écran, on a plaisir à le suivre et ce, malgré les souffrances. Travailleur, honnête, généreux, aimant ; Franz est le genre de personnage que l’on apprécie facilement, non pas que l’on s’identifie forcément à lui mais il représente une forme de gentillesse extrême qui peut fasciner. Son point de vue sur la guerre et le nazisme sont extrêmement intéressants, rarement traité au cinéma. Cependant, là où le film devient d’autant plus attrayant à suivre ; c’est que le cinéaste nous propose aussi le point de vue de sa femme, la sœur de celle-ci, sa mère et de ses enfants. Ils subissent le choix de Franz, en souffrent ; moqués, injuriés ou volés par les autres villageois , le spectateur suit leur évolution ainsi que leurs questionnements personnels.

Nous avons donc une confrontation de point de vue tout au long du film, sans parler de celui des nazis ou des villageois qui ne comprennent pas la position de Franz. Et c’est là que le film de Malick gagne des points. On ne tombe pas dans la caricature du méchant nazi. Parfois, Franz tombe au contraire sur des personnes qui tentent vraiment de le comprendre, d’arriver à un point d’entente afin que ce dernier ne reste pas prisonnier ou ne finisse pas macabé. Tout ceci donne lieu à des scènes extrêmement touchantes, d’une justesse émotionnelle rare qui rendent ce film fascinant.

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Et toutes ces émotions sont parfaitement retranscritent par l’acteur principal, August Diehl, dont le sujet du nazisme  à l’air de le passionner puisqu’il a joué dans Une femme à Berlin , Inglorious Basterds, Stalingrad  ou encore Alliés. Il en ressort une fragilité, une douceur et à la fois une force incroyable de son jeu. Il incarne à merveille ce rôle, quitte à éclipser les bonnes performances des acteurs l’entourant. Valerie Pachner (la femme de Franz) est elle aussi, plus que convaincante et contribue à la grandeur de certaines scènes profondément marquantes et déchirantes de ce film.

Un long métrage extrêmement bien construit d’un point de vue scénaristique ; une chose que l’on pouvait parfois reprocher à Terence Malick dans certains films comme Knight of Cups. Tout est parfaitement pensé à l’image de la réalisation toujours aussi grandiose du cinéaste. On y retrouve tout ce qui fait sa patte, son style propre. Ce jeu de lumière, la mise en scène irréprochable et resplendissante de ses films, la bande son d’une force incroyable signée James Newton Howard, un montage parfait et des plans…Que dire des plans de Terence Malick ? Digne d’un virtuose de l’image. Sa Steadycam se balade lentement, avec une douceur, une légèreté délicate qui accentue celle de la voix-off. Cette voix-off magnifiée par un montage qui détone de l’ampleur du travail du cinéaste sur la forme.

C’est une chose que l’on retrouve dans quasiment tous ses films, ce perfectionniste d’une beauté sublime ; mais qui peut parfois être utilisée à outrance quitte à mettre le fond de coté.

Ici, Terence Malick n’en fait jamais trop, il accorde le fond à sa forme habituelle et nous offre un grand film.

L’expérience devant ce film aura donc été concluante. Bien sûr, il ne conviendra pas à tout le monde, et c’est ce qui fait le charme de son cinéma. Toutefois, pour ses détracteurs, ce film pourrait être un premier point de réconciliation tant le message ainsi que la maestria du cinéaste nous offrent 3 heures d’une beauté semblable à nulles autres.

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