[AVIS] Light of my Life, pari réussi !

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Light of my Life
Réalisé par : Casey Affleck
Avec : Casey Affleck, Anna Pniowsky, Elisabeth Moss
Date de Sortie : 12 Août 2020
Durée : 1h 59min

Synopsis :

Dans un futur proche où la population féminine a été éradiquée, un père tâche de protéger Rag, sa fille unique, miraculeusement épargnée. Dans ce monde brutal dominé par les instincts primaires, la survie passe par une stricte discipline, faite de fuite permanente et de subterfuges. Mais il le sait, son plus grand défi est ailleurs: alors que tout s’effondre, comment maintenir l’illusion d’un quotidien insouciant et préserver la complicité fusionnelle avec sa fille ?

Affiche du film Light of My Life

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Light of my life est le deuxième film écrit et réalisé par Casey Affleck, neuf ans après le très décrié « mockumentaire » I’m still here, mettant en scène la fausse reconversion de son compère acteur (et beau-frère à l’époque) Joaquin Phoenix en rappeur. Il s’agit donc ici du premier long-métrage de fiction en tant que réalisateur et scénariste pour Casey Affleck, qui au fil des années, a gagné en reconnaissance devant la caméra pour ses performances complexes et intenses, jusqu’à la consécration ultime, l’Oscar du meilleur acteur en 2017 pour Manchester by the sea.

Dès la scène d’ouverture de Light of my life, on comprend que l’on ne va pas avoir affaire à un film post-apocalyptique classique, mais plutôt à un véritable film d’auteur qui va utiliser un monde dévasté comme canevas pour explorer la relation d’un père avec sa fille. Ainsi, les choix de mise en scène sont forts et assumés. La caméra est presque exclusivement fixe, même lors des rares scènes d’action, témoignant de la sûreté et de la précision du regard de Casey Affleck dans sa mise en scène, allant à l’encontre de cette mode de la « shaky cam », souvent utilisée avec paresse et sans grand intérêt. La musique discrète, la longueur des plans, la pudeur dans la manière de filmer ses personnages et la nature (pourtant magnifique) qui les entoure, tout est fait pour refuser catégoriquement le spectaculaire auquel on pourrait s’attendre pour un film post-apocalyptique.

Image du film Light of my life
Casey Affleck & Anna Pniowsky

Le cœur du film est bien dans cette relation père-fille, pleine de tendresse malgré les événements, et dans la manière dont le père essaie de préserver son enfant (à la fois physiquement et psychologiquement) de l’atrocité du monde dans lequel ils vivent. Les enjeux et caractéristiques de celui-ci sont amenés avec beaucoup de subtilité : on ne comprend véritablement la catastrophe qui est arrivée à l’humanité qu’assez tard dans le film, par le biais de petites touches, de bouts de  répliques, d’actions anodines. La même chose peut être dite des flash-back montrant le père avec sa femme (Elisabeth Moss) et sa fille, alors bébé, juste avant les événements tragiques qui ont altéré le monde. Utilisés avec parcimonie, ils enrichissent le récit au lieu de l’alourdir, grâce à une extrême brièveté qui les transforme en réminiscences furtives, en fragments de mémoire.

Casey Affleck interprète lui-même ce père (dont le nom n’est jamais cité) tout en retenue, sobriété et puissance tranquille, à l’image de son travail derrière la caméra. Il incarne avec brio cet homme qui tente par tous les moyens de maintenir sa fille en vie, tout en protégeant également ce qui lui reste d’innocence, en usant de tendresse et d’humour. Mais il brille aussi et surtout lorsqu’il s’agit de montrer la face plus sombre de ce personnage confronté à des dilemmes moraux et contraint pour survivre à des choix allant à l’encontre de toutes les valeurs qu’il tente d’inculquer à sa propre fille. Anna Pniowsky (dont le visage angélique contraste avec l’aspect sale et débraillé du reste des personnages du film) joue cette dernière avec autant de talent, et démontre une grande maturité dans son jeu, malgré son très jeune âge. Elle réussit à montrer les différentes facettes de cette jeune fille entre deux âges, presque trop intelligente pour son propre bien, et qui doit apprendre les codes pour survivre dans ce monde, tout en ayant la volonté de s’émanciper peu à peu et de vivre comme une jeune fille normale.

Ainsi, Casey Affleck réussit avec Light of my life son pari de créer un film post-apocalyptique tout en s’affranchissant des codes qui vont de pair avec ce genre, en refusant le spectaculaire et la violence gratuite, et en dressant le portrait de deux personnages trop purs pour le monde dans lequel ils évoluent. Le dépouillement visuel et scénaristique, qui sera peut-être jugé comme austère pour certains spectateurs, met subtilement en lumière cette relation attachante, tout en offrant un point de vue plus large sur la société, en montrant ce que cela signifie pour une jeune fille de devenir femme, et en abordant délicatement certains sujets comme le racisme ou le sexisme.

Tous nos avis sont à retrouver sur Vodkaster !


Image concours Light of My life


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