[AVIS] Marriage Story, la nouvelle réussite Netflix !

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Synopsis :
Charlie Barber est metteur en scène de théâtre à New York. Sa femme, Nicole, est une ancienne actrice de films pour adolescents qui travaille aujourd’hui avec son mari. Mais le couple va mal et ils décident de divorcer. Tout se passe relativement bien jusqu’au jour où Nicole reçoit une proposition professionnelle à l’autre bout du pays et qu’elle décide d’y emmener leur fils, Henry.

4.5

Netflix ne nous habitue plus vraiment à la production de petites pépites cinématographiques depuis un certains temps. Après The Irishman de Martin Scorsese, voir un de leur film autant nominé aux Golden Globes force bien évidement tout amoureux de cinéma à ravir sa propre curiosité. Mais au final, ce nouveau film mérite t’il véritablement autant de louanges ?

Inconnu du grand public, Noah Blaumbach frappe un grand coup avec son nouveau film Marriage Story, réunissant un jolie petit casting, qui, bien évidement, contribue largement au succès de son film. Mais l’homme derrière la caméra n’est pas si inconnu des plateaux de cinéma il en est même familier. Co-scénariste de La Vie aquatique et de Fantastic Mr. Fox de Wes Anderson il est aussi à la direction de quelques longs métrages peu connus en France comme The Meyerowitz Stories distribué par Netflix ou encore While We’re Young avec Ben Stiller, Naomi Watts, Amanda Seyfried et Adam Driver l’acteur que tout Hollywood s’arrache qu’il retrouve pour ce nouveau film… Marriage Story !

Ce film impose dès les premières minutes une réalisation ainsi qu’une écriture d’auteur extrêmement épurée, jouant des lumières vivent, souvent blanche, rappelant directement le titre du film, qui sera le sujet principal de cette comédie dramatique. Le blanc cassé sera la couleur préférentielle du réalisateur tout le long de son métrage, autant pour ses décors, notamment d’intérieur, que pour l’éclairage de ses acteurs, dont le teint reste assez pâle. Le mariage et sa couleur blanche (la robe de marié) est donc le centre de tout ; le centre d’une réalisation douce qui prend son temps mais aussi d’une caméra mobile dont les plans restent parfois plus contemplatifs qu’efficaces. Blaumbach suit ses protagonistes à travers un lieu, un espace bien défini mais coupe sa caméra à chaque transition de ce dernier, comme pour rappeler la condition de ses personnages qui veulent rester enfermés dans leur mariage.

Rare sont les plans rapprochés, le réalisateur préférant donner une idée de grandeur afin d’utiliser le plus d’espace possible. On ne s’attarde pas sur chaque geste mais sur chaque parole, chaque sentiment ressenti de la part de l’un ou de l’autre ; fixant son objectif sur le protagoniste de la parole et du sentiment. Le spectateur se sent ainsi acteur de la discussion, fixé par le regard de l’acteur, communiquant ses sentiments. Dommage toutefois, que ces regards ne soient que si rarement accompagnés par une musique presque absente du récit, qui laisse un petit goût de froideur à ce beau long métrage.

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D’un point de vue purement filmique, il s’agit ici d’un des films les plus originaux de cette année, avec un travail incroyable au niveau de la forme. Seulement, quand est-il du propos, du fond ?

Si l’on devait retenir le message principal du film, l’on peut affirmer avec certitude que bien que le film soit agréable à suivre, sa durée aurait pu être moindre. Rare sont les fautes de ton et le spectateur se prend très vite au jeu de l’écoute de chaque scène de dialogue, qui sont d’ailleurs extrêmement présentes dans le récit. Pour ainsi dire, les scènes de dialogues entre deux personnages font 85% du film et maintiennent une tension dramatique à chaque instant, laissant le spectateur choisir les arguments de l’un ou l’autre, et donc, prendre parti avant de changer d’avis la scène suivante.

Le choix est tout aussi déchirant que celui que doivent faire les protagonistes. D’un coté, le réalisateur s’attarde sur Nicole, un femme qui se sent éclipsée et pigée par son mari et l’amour qu’elle lui porte avant de s’attarder sur Charlie, brillant et ambitieux, qui met, sans s’en rendre compte, sa femme au second plan afin de privilégié sa carrière. Chacun a son propre caractère empiétant sur l’autre et finalement, aucun des deux ne tient à cette séparation, ce qui rend l’acte d’autant plus déchirant et dramatique. L’attachement à ces deux personnages se fait donc très naturellement bien que le système juridique autour du divorce les forces à changer. S’installe alors ce jeu de choisir entre l’un ou l’autre pour chaque décision prisent à l’encontre de l’autre.

C’est subtilement écrit, efficace et parfois brillant, toutefois, la performance des acteurs est l’essence même de la réussite de ces scènes. Loin du MCU et de son rôle souvent secondaire de Black Widow, Scarlett Johansson livre sûrement l’une de ses meilleures performances à l’écran depuis un sacré moment. Adam Driver quand à lui confirme qu’il rentre dans le cercle bien fermé des grands acteurs, avec une prestance rare et bouleversante, alternant entre le père ou le mari aimant, ou l’égoïste primaire. Un acteur qui sait passer de Star Wars à Spike Lee en passant par Martin Scorsese, signe ici sa meilleure performance ! Deux performances incroyables qui portent ce film, au point d’en faire un des meilleurs de cette année.

Une fresque romanesque fataliste qui à défaut peut-être d’être un grand film, n’en reste pas moins une très belle histoire à suivre que l’on aime le genre ou pas. L’œuvre de Blaumbach n’a pas volé ses nominations malgré quelques défauts et pourrait aisément en décrocher d’autres dans les mois à venir.

Avec l’arrivée sur le marché de Disney +, Netflix montre que l’on pourra compter sur la plate-forme encore longtemps avec de telles propositions au niveau de ses productions. Marriage Story est une véritable réussite de cette fin d’année, une belle surprise romanesque.

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