Nosferatu est un film réalisé par Robert Eggers sortie le 25 Décembre 2024 au cinéma. On y retrouve Bill Skarsgård, Nicholas Hoult, Lily-Rose Depp, Aaron Taylor-Johnson ou encore Willem Dafoe.
Nosferatu est une fable gothique, l’histoire d’une obsession entre une jeune femme tourmentée et le terrifiant vampire qui s’en est épris, avec toute l’horreur qu’elle va répandre dans son sillage.
🏰 Ça tourne chez les vampires
Les extérieurs du château du comte Orlok ont été filmés au château de Corvin (ou Hunedoara), en Roumanie. Ce lieu n’a pas été choisi au hasard : il s’agit de l’un des plus grands châteaux médiévaux d’Europe de l’Est et il est historiquement lié à Vlad III l’Empaleur, personnage ayant inspiré Dracula. Le choix de tourner en Transylvanie ancre Nosferatu dans la tradition du vampire européen d’origine folklorique, loin de l’imagerie hollywoodienne contemporaine.
🎭 Casting : version longue
Initialement, les rôles principaux de Thomas Hutter et Ellen devaient être joués par Harry Styles et Anya Taylor-Joy. Le retrait de Harry Styles pour des raisons d’emploi du temps a entraîné des retards de production, obligeant également Anya Taylor-Joy à quitter le projet pour se consacrer au tournage de Furiosa (2024).
Bill Skarsgård, d’abord pressenti pour interpréter Hutter, a finalement été choisi pour incarner le comte Orlok lui-même. C’est Lily-Rose Depp qui a repris le rôle d’Ellen. Ces ajustements ont profondément influencé le ton du film, Robert Eggers ayant modifié certains axes du récit pour s’adapter à ses nouveaux interprètes.

🩰 Lily-Rose Depp en transe
Pour préparer les scènes où son personnage est sous l’influence du vampire, Lily-Rose Depp s’est formée à la danse butō. Originaire du Japon, cette discipline contemporaine explore des états physiques extrêmes, souvent liés à la douleur, à la transe ou à l’abandon de soi. Cette préparation a permis à l’actrice d’incarner avec précision les moments de possession ou de transe psychologique dans le film.

🎙️ Une voix venue d’outre-tombe
Bill Skarsgård a longuement travaillé sa voix avant le tournage. Il a exploré différentes techniques, notamment le chant guttural mongol, et s’est entraîné avec un professeur d’opéra pour abaisser son registre vocal d’une octave. L’objectif était de créer une voix inhumaine, troublante, presque animale. Selon Bill Skarsgård, ce rôle fut l’un des plus difficiles de sa carrière, à la fois physiquement et émotionnellement.
🧛♂️ Un vampire fidèle au folklore
Robert Eggers s’est éloigné des archétypes modernes du vampire élégant et romantique. Il s’est inspiré des descriptions issues du folklore est-européen, où le vampire est un cadavre putréfié, habillé selon les traditions locales. Le comte Orlok porte ainsi un costume hongrois historique, une grande moustache, un chapeau en fourrure et des chaussures à talons hauts — des éléments fidèles à la mode de l’époque dans cette région. Ce choix esthétique souligne l’ancrage historique du personnage, tout en renforçant son étrangeté.

👁️ Un maquillage perturbant
Le maquillage du comte Orlok, conçu pour évoquer la décomposition et la difformité, vise à provoquer un rejet instinctif. Skarsgård était méconnaissable sous les prothèses. Le réalisme du maquillage a tellement perturbé les autres membres du casting que certains ont évité de croiser l’acteur lorsqu’il était en costume. Une réaction qui souligne l’efficacité de la transformation.

🐀 Des effets très pratiques
Comme dans ses précédents films (The VVitch – 2015, The Northman – 2022), Eggers a privilégié les effets pratiques aux images de synthèse. Plusieurs scènes ont été tournées avec des éléments réels : de véritables rats (par milliers) ont été utilisés, et les séquences d’incendie ou d’effondrement ont été filmées avec des effets mécaniques et pyrotechniques. Cette approche donne au film une texture réaliste et immersive, contrastant avec les codes du fantastique contemporain.


🎥 Expressionnisme, quand tu nous tiens
Robert Eggers a volontairement repris les codes visuels du film Nosferatu de 1922, réalisé par F.W. Murnau. Cadrages anguleux, jeux d’ombres et silhouettes démesurées sont utilisés pour rendre hommage au cinéma expressionniste allemand. Certaines séquences du film sont des relectures modernes de plans emblématiques du film muet.

📺 Bob l’éponge, père spirituel ?
Dans une interview, Robert Eggers a reconnu que de nombreux jeunes spectateurs avaient découvert le personnage de Nosferatu via Bob l’éponge. Dans l’épisode « Graveyard Shift » (2002), une blague visuelle fait apparaître furtivement le vampire de Murnau. Ce clin d’œil humoristique a contribué à maintenir le mythe vivant dans la culture populaire, même sous une forme décalée.




