[AVIS] Joker, Joaquin Phoenix fait son One-man Show !

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Synopsis :
Le film, qui relate une histoire originale inédite sur grand écran, se focalise sur la figure emblématique de l’ennemi juré de Batman. Il brosse le portrait d’Arthur Fleck, un homme sans concession méprisé par la société. 

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Après avoir combattu Batman dans de nombreux films ou séries animées, le Joker s’offre enfin un moment de gloire ! Et quel moment de gloire ! Une pièce de cinéma dont vous ne ressortirez pas indemne. Il en fallait pas moins pour le Joker, ce personnage Super-vilain de l’univers Dc Comics que tout le monde aime tant. Après l’avoir vu pour la première fois au cinéma dans Batman de Leslie H. Martinson en 1966 sous les traits de Cesar Romero, il a rapidement pris son rôle de Super-vilain à coeur dans Batman de Tim Burton en 1989 avec le fabuleux Jack Nicholson avant de perdre beaucoup de charisme avec David U. Hodges dans Batman Forever de Joel Schumacher en 1995. Il faudra attendre 2008 et The Dark Knight : Le Chevalier noir de Christopher Nolan pour retrouver le Joker au plus haut niveau, dans une interprétation d’Heath Ledger magistrale qui lui vaudra un Oscar à titre posthume. Evidemment on a du mal à oublier sa magnifique prestation lorsque Jared Leto reprend le rôle du célèbre brigand de Gotham City dans Suicide Squad de David Ayer. Un personnage bien différent de ce qu’on a pu voir jusqu’ici qui ne fait pas l’unanimité auprès des fans; tout comme le film d’ailleurs. C’était il y a 3ans, à l’époque un tel projet d’origine story sans le grand Batman n’était pas d’actualité.

Il faut attendre 2017 pour que Warner qui possède les droits de DC Comics se réveil et pense à proposer autre chose que des blockbusters à la Marvel pour leur univers super-héroïque. Quelque chose de plus indé qui pour la première fois se voit être l’origine story d’un Super Vilain, un film sur le Joker. Étrangement c’est Todd Phillips (Very Bad Trip, War Dogs…) qui est annoncé à la réalisation, à l’écriture et à la production avec Martin Scorsese et son ami Bradley Cooper déjà présent sur War Dogs et acteur de Very Bad Trip. D’un coup le film devient de plus en plus intéressant, l’univers de Scorsese se mariant parfaitement bien avec celui du Joker. D’ailleurs Todd Phillips l’évoquera pendant la promotion du film, les références du film sont principalement « Scorsesiennes » avec des films comme Taxi DriverRaging Bull ou encore La Valse des pantins. Evidemment Robert De Niro l’acteur principal de ces trois films a rapidement rejoint la production du film et ça fait plaisir de le retrouver dans un bon film ! C’est sur l’acteur principal (Arthur Fleck alias le Joker) qu’il y a eu plus de mésententes. Warner proposait Leonardo Dicaprio tandis que Todd Phillips lui, voulait absolument Joaquin Phoenix. La suite on la connait et on remercie Todd Phillips de ne pas avoir cédé pour ce choix qui représente 90% de la réussite du film ! Bien que Dicaprio aurait pu proposer quelque chose d’intéressant, Joaquin Phoenix fait tellement un sans faute qu’on ne regrette rien.

L’acteur signe une prestation incroyable ! Une presation qui lui a valu 25kg de moins, à en devenir totalement maigre. L’acteur s’était déjà transformé physiquement pour The Master de Paul Thomas Anderson, mais ici sa transformation physique l’a affecté psychologiquement; « La première chose qu’il fallait faire, c’était la perte de poids. C’est par ça que j’ai démarré. Parce qu’en fait, ça affecte ta psychologie. Tu commences à devenir fou quand tu perds autant de poids en si peu de temps » – Joaquin Phoenix. Pour notre plus grand bonheur l’acteur se morfond dans le personnage à en travailler chaque détail. Comme le rire fou et mémorable qu’il a réussi à créer. Une inspiration que l’acteur a eu en observant des vidéos de personnes atteintes de désordres neurologiques, un rire qu’il a ensuite testé à de nombreuses reprises devant Todd Phillips pour trouver celui qui sonnait le mieux. Après son prix d’interprétation à Cannes pour A Beautiful Day de Lynne Ramsay et son Golden Globe pour Walk The Line de James Mangold il est sans doute déjà propriétaire d’un Oscar qui lui est dore et déjà réservé. En plus d’amener une profondeur au personnage il apporte aussi une évolution marquée dans le jeu infaillible qui contribue à l’évolution de l’histoire et ses différentes lectures. Puisque oui on peut voir dans Joker plusieurs lectures possibles, notamment avec la fin qui clôture sans vraiment donner de réponses ce film minutieusement construit. Et pourtant chose rare le scénario était réécrit au jour le jour sur certaines scènes que les acteurs apprenaient pendant le temps de maquillage.

Mais Joker ne fonctionne pas qu’avec la prestation de Joaquin Phoenix il apporte du neuf au cinéma de Super-héros et c’est très plaisant ! Déjà on y retrouve un côté violent très réaliste, loin des Batman et son Joker qui avait toujours un coup d’avance. Ici le Joker improvise et se sort de situation sur le moment grâce à son dont de répandre le mal. Comme Taxi Driver en son temps, le film a d’ailleurs fait polémique sur le degré de violence qu’il pourrait contenir et il est vrai que le film n’est pas forcément à mettre entre les mains de tout le monde. Joker est plus qu’un film sur le grand méchant. « Les grands méchants ne naissant jamais méchants, ils le deviennent » c’est un film sur quelqu’un de Gotham qui devient le Joker. Quelqu’un en recherche d’attention qui fini par être écouté. Un humoriste raté qui devient celui au rire démoniaque. Bref une origine story qui reste centré sur le joker et sa psychologie et qui parfois en devient violent psychologiquement. Un film qui ne suit pas les codes des blockbusters actuels et qui explore plus la folie qu’il ne suit un comic book.

Les liens avec l’univers de Batman sont cependant toujours présents. On retrouve Gotham City mais aussi Thomas Wayne (le père de Bruce Wayne alias Batman) incarné au départ par Alec Baldwin qui a finalement laissé sa place à Brett Cullen pour un conflit d’emploi du temps. Mais aussi Bruce Wayne encore enfant, Alfred Pennyworth (Douglas Hodge), Martha Wayne, ainsi qu’Arkham le célèbre lieux de l’univers DC Comics. Pourtant son lien avec l’univers DC Comics monté par Warner est inexistant. Bien qu’une suite soit en discussion c’est bien un film à part que Todd Phillips a réalisé. Un film coup de poing qui d’après le réalisateur n’a rien de politique mais qui pourtant est en plein dans l’actualité.

Son Gotham City s’apparente d’ailleurs beaucoup à New York. Un New York des années 70 filmé comme jamais à la photographie magnifique et aux couleurs en parfaite adéquation avec le film. C’est le directeur de la photographie Lawrence Sher qui s’en est occupé. Il a notamment suivi Todd Phillips depuis Very Bad Trip et nous gavent de sublimes images colorés digne d’un film Joker. Todd Phillips et Lawrence Sher filment la folie d’une sobriété étonnante qu’ils doivent aussi à la musique d’Hildur Guðnadóttir jeune compositrice Islandaise. Pas forcément une bande originale qui restera gravée à jamais mais elle accompagne parfaitement le film. Le film résonne comme une douce musique qu’on veut réécouter pour mieux en comprendre les paroles.

Todd Phillips livre ici une masterpiece, une pièce de cinéma dont on devrait se rappeler dans les années à venir. Si Martin Scorsese a aidé à la production il a rapidement du s’attaquer à son film The Irishman laissant Emma Tillinger Koskoff celle qui gère sa boite de production produire le film. On y retrouve cependant un goût certains pour son cinéma et de nombreuses sources d’inspirations similaires. Personne n’attendait Todd Phillips mais depuis qu’il a gagné le Lion d’Or à Venise, la presse est unanime. Un moment de cinéma comme on l’aime !

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