[AVIS] My Salinger Year, douce immersion !

My Salinger Year
Réalisé par Philippe Falardeau
Avec : Margaret Qualley, Sigourney Weaver, Douglas Booth
Date de Sortie : Inconnue
Durée : 1h 41min

Synopsis :

Dans les années 1990, une jeune femme rêvant d’écriture se fait embaucher comme assistante de l’agente littéraire de J.D. Salinger.

AFFICE NON DISPONIBLE

3.5

Quasiment tremblotant, le réalisateur Philippe Falardeau primé à Deauville en 2014 s’en va accomplir la lourde tâche d’ouvrir cette 70ème édition de le Berlinale avec son film, My Salinger Year, douce introduction au monde du travail et aux ambitions artistiques d’une Margaret Qualley pétillante. On l’a découverte dans Palo Alto de Gia Coppola, puis aperçue récemment dans Once Upon a Time In Hollywood de Quentin Tarantino, celle qui a aujourd’hui 25ans s’impose déjà comme un talent de demain à suivre sans hésiter. On la retrouve ici aux côtés de Sigourney Weaver, un mélange de génération qui à l’image du film permet à l’actrice d’Alien de passer le témoin à plus jeune qu’elle. Sous une proposition de mise en scène des plus intéressantes de Philippe Falardeau, le portrait de cette nouvelle génération est mis en avant.

Joanna (Margaret Qualley) rêve de devenir écrivaine mais la réalité force la jeune littéraire à se trouver une porte d’entrée dans son milieu de prédilection. Elle va ainsi intégrer une agence littéraire, celle de Margaret (Sigourney Weaver) pour côtoyer au près les grands écrivains qu’elle adule. Mais son petit boulot va vite inhiber sa production artistique et la forcer à se remettre en question. Elle va devoir forcer les opportunités pour avancer.

Avec ses airs de famille avec Le Diable s’habille en Prada de David Frankel, My Salinger Year évoque avec douceur la réalité d’une jeune assistante d’agence littéraire face au monde assez brutal que forme ce milieu; un milieu qui est d’ailleurs comparable à d’autres métier artistiques comme le cinéma et la musique, ça marche partout pareil. Mais My Salinger Year évoque aussi la différence de génération et le passage à l’aire du numérique pour une Margaret (Sigourney Weaver) encore fermement contre sur le sujet dans un début des années 90 où l’heure est au Macintosh. Tout ce mélange de sujet est traitée avec une grande bienveillance, s’en est d’ailleurs son plus gros défaut.

Image du film My Salinger Year
Margaret Qualley est Joanna

Si le film est assez juste dans ces émotions il reste cependant trop en surface d’un monde qui en est beaucoup plus complexe. Sans doute pour garder que le bon côté des choses d’un monde qui peut s’avérer être bien plus brutal. Garder ce côté feel-good movie d’une immersion soyeuse qui a sa place dans les films du Dimanche soir où les douces compositions de Martin Léon embrassent les belles images de Sara Mishara.

Trop en surface mais plaisant à voir, ce film adapté de l’oeuvre de l’écrivaine Joanna Smith Rakoff, offre cependant une belle mélodie des années machines à écrire où le papier était roi. Certains pourront évidemment prendre un malin plaisir à s’y (re)plonger et se reconnaître dans l’un des deux personnages principaux formant par ailleurs un magnifique duo cinématographique. L’actrice confirmée Sigourney Weaver accompagne un des nouveaux talents Margaret Qualley, à l’image du film où Joanna trouve sa place auprès des plus grands. Si le duo féminin est d’une grande présence à l’écran, on retrouve également Douglas Booth, l’acteur qui interprète Roméo dans Roméo et Juliette de Carlo Carlei dans un second rôle important ainsi que d’autres personnages tous utiles pour accompagner Margaret Qualley au plus haut, pour le meilleur et pour le pire.

My Salinger Year est loin d’être un chef d’oeuvre mais un film d’une grande douceur. Une belle ode à la réussite qui reste cependant trop en surface dans l’immersion 90′ d’un monde bien plus brutal qu’il le laisserait croire. Margaret Qualley y est pétillante de talent.

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